Je vais m’attaquer à un petit morceau de mon existence qui se prolonge encore maintenant et qui me perturbe.
ORIENTATION SEXUELLE
Où est-ce que je me trouve ? J’ai parfois des penchants pour les femmes, parfois un penchant pour les hommes. Bien qu’il m’arrive moins souvent de désirer un homme plutôt qu’une femme, cela m’arrive…….comme aujourd’hui.
Des images apparaissent, m’envahissent, je me laisse aller et n’ai que des flashes pornographiques. Je tente de lutter et tout devient pire. Hommes, femmes se bousculent. En un jour comme celui-ci, pour des raisons incertaines, je désire plus que n’importe quel autre jour. Je dois cesser tout ça.
Je juge souvent mes expressions, certains de mes mouvements comme « comparables » à ceux d’une femme. Même ma voix changeante, mon ton me perturbe à lui seul. Ce qui me perturbe véritablement, ce sont toutes ces définitions auxquelles je me suis accroché, toutes ces illusions, tous ces clichés, toutes ces paroles, tous ces médias autour de moi……. et ma peur de correspondre moi-même à la définition d’homosexuel alors que je m’accroche à toutes ces choses, à tout ce savoir que j’ai accumulé. Je ne m’exprime plus comme qui je suis. En ce moment, je ne suis rien d’autre qu’une putain d’image de moi-même. La passion m’a déserté, je suis lourd et attaché ma propre image. Je suis un mensonge.
Je me suis acheté une chemise. De là où je la voyais, elle était rouge, et l’est resté jusqu’à aujourd’hui. Aujourd’hui, sa teinte était devenue rose, aujourd’hui j’étais tout rosé – plus de rouge – juste du rose. Encore une définition. Porter du rose signifie être homosexuel pour moi. De même que mes mouvements, ma voix, mon expression que je juge : JE PORTE DU ROSE !!
Ce serait tellement simple s’il ne s’agissait que d’apparences, de clichés, d’image de moi face aux autres. Mais la peur de l’apparence, de l’appartenance à un groupe par l’apparence a comme origine ce qui existe en moi, ce que j’ai vécu, ce que j’ai accepté et voulu fuir : mon passé d’homosexuel. Ou comme j’avais plaisir à le dire, ma bisexualité.
Cette bisexualité - comme quelque sexualité que ce soit - fut vécue dans mon esprit uniquement. Alors que je tentais de refermer mon étreinte sur un ami, alors que je tentais de le garder, de le posséder au moment où je le voyais déjà disparaître, mon ami, loin de moi. Un ami « précieux » : le gardien de mon image, la projection de moi-même, du moins, ce que j’ai projeté de moi-même, ce que je croyais « bon » en moi, et aussi ce que j’avais peur de perdre. Cet ami avait été un tel investissement que je ne me permettrais de le perdre en aucune façon. Dément comme je l’étais, possessif et obsédé, je me suis donc lancé dans cette simple idée : je suis amoureux de lui.
Il a été relativement aisé de me conditionner moi-même à l’homosexualité : il m’a suffit d’entretenir des images particulières et de mêler un sentiment d’ « amour », une « profondeur » dans tout ce que je ressentais, et alors la « magie » est née, je me suis transformé. Durant ce temps (je devais avoir dix-sept ans lorsque j’ai commencé ce délire), j’ai donc créé des situations, des scénarios, me remplissant de ce que je croyais être de l’ « amour », le mot-masque à mon propre délire de possession. Oui car, maintenant, il connaissait quelqu’un. Et dans ma colère et ma hargne, j’ai du tout faire pour le garder – pour préserver cette projection de moi-même, ce que je pensais « bon » en moi.
C’est ainsi que j’ai développé ce monde, que j’ai pu avoir un autre goût d’une projection irréelle, illusoire, mensongère, sans aucun rapport avec la réalité. A partir de cette expérience, j’ai voulu passer à l’acte, j’ai voulu que cette illusion se concrétise. Mais les illusions, l’imaginaire ne devient jamais réel. Ce n’est qu’une projection. Ainsi, j’ai tenté une expérience avec un homme. Je rigolais durant ces rapports sexuels : je trouvais cela tout bonnement ridicule. Dans tout ce que je m’imaginais, je n’ai rien trouvé qui ne me satisfasse. Tout cela était ridicule.
J’ai mentionné le terme « bisexualité » car je n’étais pas passé d’un autre côté. Bien que certains fantasmes fussent de nature homosexuelle, la contrepartie hétérosexuelle était toujours bien là. MAIS TOUS CES PUTAINS DE FANTASMES DOIVENT CESSER, BORDEL ! TOUT !!!
Ainsi, alors que je me surprends à avoir des fantasmes gays, je me juge, me condamne, reconnaît ce qu’on dit de moi à ce sujet : je suis une pédale. Et dans ces moments, j’acquiesce. Dans ces moments j’accepte tout. Et me vide de ma substance : j’abdique de moi-même.
Et puis je suis plongé dans des fantasmes hétérosexuels où je retrouve les vieux clichés mâles : comportement quasi-machistes, envie de « venir en aide », « je t’aime bien tu sais », mensonges, mensonges et toujours mensonges. Et abdique de moi-même alors que je vends ma propre image.
J’ai ai marre de tout ça. J’en ai marre de tout accepter, de me projeter, de désirer l’autre ou l’une. Tellement de clichés existent en moi, d’images qui me disent qui je suis. C’est infernal. C’est stupide.
Et aussi tellement insignifiant !!
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Je me pardonne de m’être permis de me définir en tant qu’homosexuel alors que je porte une couleur particulière telle que le rose au lieu de réaliser qu’une couleur ne fait pas de moi qui je suis mais que moi-même décide de, suis qui je suis comme je m’exprime dans l’instant.
Je me pardonne de m’être permis d’accepter de me définir en fonction d’images que j’ai perçues dans des films, dans différents scénarios, fortifiées par les croyances personnelles de chacun autour de moi, croyances qui ne sont elles-mêmes que des images trouvant probablement source dans les dires de médias que j’ai moi-même acceptés comme croyance à mon sujet.
Je me pardonne de m’être permis d’accepter d’être défini par des images qui existent à l’extérieur de moi-même, par des croyances comme « le rose est une couleur de PD », et de me définir ainsi par ce que je perçois dans mon entourage plutôt que de RESTER ICI DANS LE SOUFFLE A CHAQUE INSTANT et réaliser que ce ne sont que de simples projections, des mirages de moi-même.
Je me pardonne de m’être permis de croire ce que l’on me dit plutôt que d’avoir confiance en moi-même à chaque instant.
Je me pardonne de m’être permis de me définir comme homosexuel alors que j’ai créé un monde de culs et de bites dans un but particulier : me convaincre que j’aimais, que je ferais n’importe quoi pour garder mon ami, quitte à abandonner une partie de moi-même juste pour assurer la permanence de ma propriété – quitte à devenir une complète croyance, une simple image.
Je me pardonne de m’être permis de vouloir posséder quelqu’un.
Je me pardonne de m’être permis de vouloir exister à travers quelqu’un.
Je me pardonne de m’être permis de me vendre à quelqu’un plutôt que de tout stopper, toute dépendance dans ce moment de mon existence.
Je me pardonne de m’être permis de définir mon homosexualité en tant que la possession d’une personne.
Je me pardonne de m’être permis de me définir en tant qu’homosexuel, en tant que le désir de posséder une personne.
Je me pardonne de m’être permis d’avoir eu peur de n’être plus rien sans lui et de prendre le label d’homosexuel dont la définition est la peur de la perte, la peur de perdre la projection de moi-même, l’investissement, la banque de données que j’ai sauvegardée en lui, du moins, tout ce que je croyais réel sur moi = homosexualité/bisexualité en tant que peur de perdre mes propres illusions.
Je me pardonne de m’être permis de me définir en tant qu’homosexuel alors qu’en moi existent des fantasmes homosexuels plutôt que de réaliser que je ne suis pas mes pensées, que je ne suis pas mon esprit, mais que mon esprit est mon passé et rien d’autre en tant que ce que accepté et permis de devenir : la manifestation de la peur de la perte.
Je me pardonne de m’être permis d’assimiler un savoir que j’ai de moi-même, d’être l’esprit – acceptations et permissions, choix, pensées, émotions, sentiments, jugements – et de m’observer moi-même par les yeux du passé, par les yeux de l’esprit plutôt que de vivre qui je suis à chaque instant comme l’expression de moi-même qui n’a aucune limite.
Je me pardonne de m’être permis de juger la tonalité de ma voix en fonction de ce savoir, de mon esprit comme appartenant au genre homosexuel.
Je me pardonne de m’être permis de juger mes gestes, mon comportement en fonction de ce savoir, de mon esprit, comme appartenant au genre homosexuel.
Je me pardonne de m’être permis de me blâmer d’être qui je suis, de me condamner lorsque je juge mon expression, lorsque je juge qui je suis maintenant comme répondant à une définition qui n’existe que par mon propre passé – mes propres permissions et acceptations – au lieu de réaliser que je suis qui je suis ici, je ne suis pas mon passé.
Doit être réalisé : les yeux du passé ne peuvent définir ce qui existe dans le présent. Alors que je pose une définition, moi en tant passé, je surimpose ma propre expérience sur ce qui se déroule dans l’instant. En cela ne peuvent exister que jugements, que comparaisons, me mouvant toujours selon un point de référence, dans la périphérie d’un point de référence particulier qui est mon passé – jamais moi ici. Dans ces jugements, dans ces comparaisons, je tente d’avancer, de progresser, d’ « évoluer » - évolution ayant comme base mon propre passé. L’évolution n’existe pas. Le changement ne peut exister dans le passé/par l’esprit car l’esprit interprète et tue le présent. L’esprit ne tend qu’à la préservation de lui-même – de moi comme définition. Adieu passé !
Je me pardonne de m’être permis d’être le passé.
Je me pardonne de m’être permis d’être une pensée homosexuelle, d’être ma propre définition d’homosexuel dans ce que je crois être un homosexuel.
Comment ai-je vu un homosexuel ? Comment l’ai-je catégorisé ?
Je me pardonne de m’être permis de croire qu’un homme ayant une voix douce et rassurante était un homosexuel et qu’un homme à la voix dure et assurée était un hétérosexuel.
Je me pardonne de ne pas m’être permis de m’accepter moi-même, de ne pas avoir accepté ma voix et ma présence en tant que qui je suis dans l’instant.
Je me pardonne de m’être permis de croire qu’un homme exprimant, affichant ses émotions était un homosexuel et qu’un homme cachant ses émotions était hétérosexuel.
Je me pardonne de ne pas m’être permis d’afficher, de partager mes émotions – pas mes émotions – de m’exprimer comme qui je suis en tant que l’expression inconditionnelle de moi-même à chaque instant.
Je me pardonne de ne pas m’être permis d’être simplement moi-même. Simple.
Je me pardonne de m’être permis d’être réactif alors que l’on me définit comme gay au lieu d’accepter mon expression inconditionnelle et de stopper cette image quand j’en ai l’occasion. Tant pis si cela ne plaît pas, tant pis si cela répond à votre propre définition d’homosexualité. Cette définition n’est pas moi et jamais ne le sera.
Je me pardonne de m’être permis d’accepter de vouloir « convenir » à autrui pour échapper à ce que j’ai moi-même cru de moi-même pendant quelques instants.
Je me pardonne de m’être permis de devenir ce que je perçois de l’extérieur de moi-même et de m’effacer aux dépends de perceptions extérieures – dans les mots d’autrui, au mépris de qui je suis réellement et au profit de mes propres croyances/mon esprit/mon passé.
Je suis qui je suis.
J’accepte qui je suis comme l’expression inconditionnelle de qui je suis réellement.
Je suis mon expression, je m’exprime comme moi-même, Egal à et Un avec moi-même. Mon expression n’est pas dépendante de définitions, n’est pas une projection de moi, n’est pas un désir de plaire : c’est moi à chaque instant.
Je suis ICI.
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